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Troubles de l’attention et conduite automobile


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Nathalie BEDOIN

Cadre de l'étude et objectifs

Les causes de défaut d’attention sont multiples et peuvent avoir des retentissements majeurs sur la conduite automobile. Certaines populations sont particulièrement exposées à des défauts d’attention (soumises à des addictions, consommatrices de certains médicaments). De plus, les NTIC et assistances à la conduite placent le conducteur en situation de double tâche et impliquent un partage de l’attention. Une première recherche est centrée sur l’évolution de déficits d’attention chez des patients traumatisés crâniens modérés ou grâves désirant reprendre la conduite. Il s’agit d’intégrer des données épidémiologiques et des travaux expérimentaux aboutissant à la mise au point d’indicateurs sur les capacités d’attention visuo-spatiale. En dehors de la pathologie, les capacités attentionnelles varient aussi entre conducteurs selon le niveau d’expertise et l’âge. Une deuxième étude participe à une recherche très large sur ce thème. L’objectif est de regrouper des compétences au niveau français pour étudier l’effet des défauts d’attention sur la conduite automobile et les conséquences qui peuvent en découler en termes d’accidents. La mise en œuvre d’outils de recherche similaires et/ou complémentaires entre les partenaires permettra de comparer les résultats des axes de recherche spécifiques et d’approcher une hiérarchisation des risques. L’étude portant sur les traumatisés crâniens consiste en un suivi longitudinal de 11 patients et d’un groupe contrôle, avec des bilans neuropsychologiques évaluant la vitesse de traitement, la vigilance, la distractibilité, les capacités d’attention soutenue, divisée et focale, les processus inhibiteurs, la flexibilité, les capacités d’organisation et de planification, la déduction de règles. Trois étapes d’évaluation : dès la sortie de l’amnésie post-traumatique, à la sortie du centre de réadaptation et un an après la sortie. Nous avons participé au choix des tests et mis en place un nouveau test, STHIDEL, évaluant les capacités à focaliser l’attention soit sur une forme globale en inhibant ses détails, soit sur ses détails en inhibant la forme globale. L’ensemble du bilan permet d’émettre un avis sur la reprise de conduite automobile, puis de le confronter à un bilan de conduite réalisé en situation réelle à bord de véhicules équipés de caméras. Une méthode d’étude oculométrique des stratégies d’exploration visuelle a aussi été mise au point. Au sein du deuxième projet, nous travaillons dans l’axe de recherche Processus visuo-attentionnels impliqués dans le franchissement d’une intersection de type « tourne à gauche ». Un travail épidémiologique vise à décrire les différentes manœuvres dans lesquelles se trouvent les conducteurs immédiatement avant l’accident à partir des Bulletins d’Analyse d’Accident Corporel (BAAC), pour évaluer la pertinence d’étudier cette manœuvre particulière. Tous les accidents corporels survenus en France métropolitaine entre 1996 et 2005 ont été analysés (1 102 486 accidents corporels). Des expériences sont destinées à évaluer les effets de l’âge et de la distraction sur l’élaboration d’une représentation de la situation et la prise de décision dans des situations de « tourne à gauche », avec le paradigme de cécité au changement avec Flickers (Rensink, 1997 ; Caird, 2005). Nous utilisons aussi des tests visuels et visuo-attentionnels et des données oculomotrices sont enregistrées. Dans la recherche conduite auprès des traumatisés crâniens, le bilan neuropsychologique montre une amélioration significative des performances, qui ne sont plus différentes de celles des contrôles lors du 3ème bilan, sauf pour les aspects attentionnels (en particulier l’inhibition, surtout si la tâche implique une composante motrice) et la vitesse de traitement. Les résultats au test STHIDEL permettent d’évaluer le ralentissement souvent persistant des patients ou au contraire leur impulsivité, cette dernière ayant disparu au 3ème bilan. Ils permettent aussi de dissocier les difficultés perceptives et attentionnelles de certains patients pour appréhender globalement des scènes complexes. Essentielles pour la conduite automobile, ces compétences peuvent évoluer différemment l’une de l’autre. Il importe de les distinguer pour s’orienter vers des prises en charge adaptées. Par ailleurs, la méthode d’analyse des stratégies d’exploration visuelle s’avère pertinente si elle n’est pas utilisée lors des stades précoces de la réadaptation et elle permet d’envisager des programmes de réadaptation spécifiques. Enfin, les patients ayant reçu un avis favorable à l’issue du bilan neuropsychologique et du test STHIDEL ont montré en situation de conduite un comportement adapté dans l’ensemble des situations auxquelles ils ont été confrontés. En revanche, les patients qui se sont vus recommander des séances de conduite de réentraînement ont présenté des difficultés importantes dans la gestion de la conduite, avec notamment une exploration visuelle de l’environnement très limitée, une grande lenteur de réaction et l’absence de stratégie d’anticipation. De plus, conscients de leurs difficultés motrices, les patients n’ont par contre qu’une perception très limitée de leurs troubles d’exploration et de contrôle visuel. Les premiers résultats de la recherche sur le vieillissement montrent que la proportion des conducteurs de voiture impliqués dans un accident mortel augmente avec l’âge du conducteur et que les taux d’augmentation les plus élevés concernent les "Tourne à Gauche" lorsque le véhicule est à l’arrêt ou traverse une chaussée bidirectionnelle. Les accidents qui se produisent alors que le conducteur est sur une mauvaise voie sont particulièrement nombreux à tous les âges. Deux expériences de cécité au changement sont en cours (60 conducteurs âgés de plus de 65 ans et 20 adultes d’âge moyen). Les premiers résultats suggèrent que la tâche distractive n’a pas d’effet majeur sur la détection du changement ni sur la prise de décision chez les jeunes adultes, alors qu’elle agit négativement sur les réponses des plus âgés. Ils révèlent aussi qu’une décision correcte n’est pas forcément accompagnée de la détection consciente du changement.


  Financements
  • PREDIT Go4 DACOTA (Défauts d’Attention et ConduiTe Automobile) (Resp. Laurence Paire-Ficout, INRETS) Ministère chargé de la recherche, des transports, de l’environnement et de l’industrie, ADEME, OSEO et ANR 2005-2008
  • PREDIT 3 Efficience cognitive de traumatisés crâniens modérés ou graves et accès à la conduite automobile : Suivi longitudinal dans la région Rhône-Alpes (Resp. Claude Marin-Lamellet, INRETS) Ministère chargé de la recherche, des transports, de l’environnement et de l'industrie, ADEME, ANVAR et Région Rhône-Alpes 2004-2006

  Publications
  • Marin-Lamellet, C., Bedoin, N., Kerleroux, J., Lafont, S., 2005, "Efficience cognitive des traumatisés crâniens et conduite automobile", actes de 20ème Congrès de la Société Française de Médecine Physique et de Réadaptation (SOFMER), Dijon, France, 2005, October
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