Composition du jury :
| Mme Brigitte PAKENDORF |
CNRS & Université Lumière Lyon 2 |
Directrice de thèse |
| Mme Sonia CRISTOFARO |
Sorbonne Université |
Rapporteure |
| M. Andrej MALCHUKOV |
Université Johannes Gutenberg |
Examinateur |
| M. Denis CREISSELS |
Université Lumière Lyon 2 |
Examinateur |
| Mme Shan CONG |
Université Sun Yat-Sen |
Examinatrice |
Mots-clés
solon, description, langue toungouse
Résumé
Cette thèse propose une description grammaticale du solon dans une perspective aréale et typologique. Le solon est une
langue toungouse septentrionale parlée à Hulunbuir, en Mongolie-Intérieure (Chine). Avec environ 10 000 locuteurs restants,
la langue connaît actuellement un processus rapide de déplacement linguistique vers le mongol et le chinois mandarin et doit
par conséquent être considérée comme une langue en danger (Nargil 2025b). Le solon occupe une position typologique
particulière au sein de la famille des langues toungouses, en grande partie en raison de son histoire sociolinguistique
spécifique et de contacts prolongés avec des langues voisines. En particulier, le solon a subi une influence durable des
langues mongoliques. Ce contact remonte aux bassins des fleuves Amour et Zeya, où les Solon étaient en interaction avec le
dagour, une langue mongolique (Janhunen 1996). À la suite de la migration des Solon de la région Amour–Zeya vers les
bassins des rivières Nonni et Hui au XVIIe siècle, conjointement avec les Dagours, la langue est entrée dans une phase de
contact intensifié avec le mongol, qui fonctionnait alors comme lingua franca régionale. Trois variétés de solon sont
généralement reconnues : le solon de Hailar, le solon de Nonni et le solon d’Ongkor, aujourd’hui disparu. Cette thèse se
concentre sur le solon de Hailar, la variété la plus importante, parlée dans les bassins des rivières Hui et Imin, en particulier
dans la Bannière autonome evenke. La présente grammaire repose sur des données de terrain de première main, recueillies
lors d’une période de terrain à distance et de deux missions de terrain menées entre 2022 et 2025. Le corpus comprend des
textes spontanés tels que des récits de vie, des contes et des conversations, ainsi que des données obtenues à partir de
stimuli, des phrases élicitées et des jugements de grammaticalité. Cette étude propose une description détaillée de plusieurs
aspects de la grammaire du solon, notamment la phonologie, le profil sociolinguistique, la morphologie nominale, la
morphologie verbale, les groupes nominaux, la structure de la proposition simple et les mécanismes de liaison entre
propositions. En décrivant ces phénomènes dans une perspective aréale et typologique, cette thèse vise à contribuer aux
études toungouses, à la recherche sur le contact des langues et, plus largement, à la typologie linguistique. Les textes solon
collectés dans le cadre de cette recherche sont disponibles sur la plateforme Pangloss : https://pangloss.cnrs.fr/corpus/Solon.
Lien: https://webinaire.numerique.gouv.fr/meeting/signin/invite/81346/creator/39785/hash/9bce7f15273820ff56a34051538e765adac0acc6.
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